Il y a quatre ans, les locaux de Charlie Hebdo étaient frappés par un attentat. L’attaque revendiquée par Daesh fait 12 morts et 11 blessés. Comment la rédaction réagit-elle chaque année à cette même date marquante ?
Charlie Hebdo, au bord de la fermeture avant les attentats, se voit, le 14 janvier 2015, vendre plus de sept millions d’exemplaires. Le premier numéro depuis la tragédie.
« Tout est pardonné » 14 janvier 2015 dessiné par Luz

Tout est pardonné est destiné à l’Islam, et incite à ne pas faire l’amalgame entre la religion et l’état terroriste. Malgré les événements, Charlie Hebdo continue de publier chaque semaine un numéro. Cette année-là, le journal réalise un chiffre d’affaire de 63,6 millions d’euros, dont 14,5 millions d’euros de bénéfices. Le soutien des gens a également fait effet : c’est environ 20 000 euros de dons récoltés pour l’enseigne après les événements.
1 an après, la Une choc
Une journée de deuil représentée par une illustration sans couleur. On y retrouve un terroriste en fuite avec du sang sur les mains. Dessinée par Riss, elle est titrée : « 1 an après l’assassin court toujours ». Le mot « assassin » dénonçait Daesh et ses actes. Un cahier de dessins des disparus a été publié au centre de ce numéro en hommage aux victimes. Un récit détaillé de l’attaque parut également en référence à l’attaque. Dernier point concernant la tuerie, un édito de la rédaction exprimant leur haine, leur rancœur.
En 2017, le bout du tunnel
Contrairement à l’année précédente, le journal retrouve le ton ironique et satirique qui le caractérise. Cette Une représente un homme lambda souriant devant le canon à bout portant d’un fusil, tenu par quelqu’un qui serait à priori un terroriste. Elle a été dessinée par Foolz, membre de la nouvelle équipe de la rédaction du journal. La même année, le prix Tignous est créé en hommage au dessinateur disparu. Aux côtés de sa femme Chloé Verlhac, c’est la ville de Montreuil qui en est à l’origine. Il est ouvert à tous les dessinateurs professionnels de plus de 18 ans.
En 2018, pas d’hommage aux victimes
Charlie Hebdo fait allusion au renfort de leurs sécurités. Sur l’illustration de la Une, Riss, le dessinateur, montre un homme qui serait membre de la rédaction dernière des portes blindées. Intitulé « Trois ans dans une boîte de conserve », Riss évoque leur renfermement sur eux même. Sur le dessin, l’homme dit avoir déjà donné concernant Daesh, et nous fait réalisé l’ampleur des conséquences de la tragédie. Étrangement, seulement l’édito fait référence à l’attentat, aucun hommages aux victimes ni d’allusions à l’islam. Ce numéro raconte le quotidien de la rédaction et toutes les choses qui ont changé depuis ce 7 janvier 2015.
2019, ils soufflent leur bougie
Pour ce numéro, la Une » Le retour des anti-lumière » montre un évêque et un imam qui soufflent sur la flamme d’une bougie, posée sur la Une du 14 janvier 2015 » Tout est pardonné ». Cela montre peut être un lien entre le catholicisme et l’islam, alliés contre Daesh. Dans le numéro du jour ils attaquent directement la société française en montrant du doigt ses anomalies.
Ainsi, quatre ans après, on constate que Charlie Hebdo garde son humour noir et ne se laisse pas abattre par la peur, ni par les menaces qui perdurent.
Hinano Tali et Antoine Gruez
