Attentats meurtriers : qui sont les Al Chabab ?

Lundi 4 février, une violente explosion due à une voiture piégée a fait neuf morts sur un marché très fréquenté de la capitale somalienne, Mogadiscio. Ce sont les Chabab, affiliés à Al-Qaïda, qui ont revendiqué l’attaque. À l’origine de plusieurs attentats perpétrés dans le pays et au Kenya, ce groupe terroriste islamiste est actif depuis 2006. Mais qui sont-ils vraiment ?

Responsable d’attentats les plus assassins, le groupe djihadiste originaire de Somalie est issu de la fraction la plus dure de l‘Union des tribunaux islamiques, qui est une alliance de quinze tribunaux. Leur objectif étant d’insérer la charia en Afrique de l’Est. Harakat Al-Shabaab Al Mujaheddin ou plus connu sous le nom « Al Chabab », signifie la jeunesse en arabe. Ce mouvement sert de branche militaire radicale aux combattants de l’Union des tribunaux islamiques. En 2009, ils prennent le contrôle des deux tiers de la Somalie. Ils règnent aujourd’hui toujours sur des vastes zones rurales, plus précisément dans le Sud du pays.

ShababFlag
Drapeau utilisé par le groupe Al Chabab.

Qui sont-ils précisément ?

Dans une étude menée en 2011 par le chercheur Roland Marchal, le mouvement a pour but de recruter des membres jeunes à l’aide d’un discours religieux. L’état de guerre dans lequel est plongé le pays facilite le recrutement. Plusieurs chiffres circulent sur le nombre de personnes que constituent ce groupe, entre 5 000 à 9 000 combattants. Certains proviennent des pays arabes et du Pakistan, mais la majorité sont somaliens. Ils sont financés grâce à un système de taxe et de donations, mais également par l’intermédiaire de services rendus. De plus, depuis leur affiliation en 2013 avec Al-Qaïda, leur source de revenus s’accroît.

Les attaques les plus meurtrières du mouvement

Menant opérations de guérillas et attentats suicides contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils, le groupe vise principalement la capitale somalienne et le Kenya. Ils sont également responsables de l’attentat survenu le 15 janvier 2019, dans un complexe hôtelier à Nairobi, capitale du Kenya, qui a fait 17 morts.

En 2017 c’est à Mogadiscio que le groupe s’en prend. Le samedi 14 octobre, suite à un attentat au camion piégé à l’explosif on compte 587 morts et plus de 300 blessées. Il s’agit du plus meurtrier de l’histoire de l’Afrique. Il intervient durant la guerre civile somalienne, lorsque les Al-Chabab ont profité de la fragilité du gouvernement pour prendre le dessus.

L’autre plus grosse attaque commise par ces islamistes somaliens est celle de l’université de Garissa le 2 avril 2015, au Kenya. Cet attentat est perpétré au sein d’un campus faisant plus de 148 victimes. Équipés d’armes automatiques, quatre assaillants pénètrent à l’aube à Garissa. Un des commandos abat des dizaines d’étudiants dans leurs dortoirs. Ils tuent délibérément tous les étudiants chrétiens rencontrés mais épargnent les musulmans. Une prise d’otages prend lieu et le massacre dure plus de douze heures, juste avant que les djihadistes ne décident d’actionner leurs ceintures explosives, sur le point d’être abattus par les forces de sécurité kényanes.