Une enquête d’Amnesty International sortie ce vendredi, révèle la suspicion de viol de quatre garçons âgés de 8 à 16 ans, par des miliciens yéménites, au cours de ces huit derniers mois.

La monstruosité d’une guerre ne se limite pas qu’aux armes
C’est dans la ville de Taëz assiégée par des rebelles houthis et aux mains des forces pro-gouvernementales, au sud-ouest du pays, que les événements ont eu lieu. Dans le rapport publié par l’organisation de défense des droits humains, Amnesty International affirment avoir les preuves nécessaires faisant état de viols sur trois garçons, et d’une agression sexuelle sur un quatrième. Une mère a indiqué que son fils d’à peine huit ans a été violé à deux reprises en 2018, par deux hommes dans une mosquée, dont le fils d’un imam. L’enfant souffre maintenant de commotions selon des rapports médicaux. Un autre père de famille rapporte que son fils de treize ans a été agressé par les mêmes personnes. Un garçon de seize ans a également raconté avoir été violé en décembre dernier sous la menace d’une arme d’un milicien.
Des familles qui vivent dans la peur de représailles
Deux autres cas ont été signalé par les militants locaux, pour lesquels les familles avaient trop peur de parler. D’autres ont pu avoir lieu sans avoir été rapporté affirme l’ONG. Les proches annoncent avoir porté plainte auprès du service d’enquêtes criminelles de la ville, mais aucune mesure juridique n’a été prise. Parmi ces victimes, un garçon de douze ans a pu s’enfuir après avoir saisi l’arme du milicien pour ensuite l’abattre. Selon sa famille, l’agression a été signalée aux autorités mais des miliciens d’Al-Islah se sont rendus à leur domicile pour blesser trois d’entre eux. Par peur de subir des représailles, ils ont décidé de déménager, tout comme une seconde famille.
« Les viols et agressions sexuelles commis dans un contexte de conflit armé sont des crimes de guerre. » dénonce Heba Morayef, directrice régional d’Amnesty pour le Moyen-Orient.
Selon la loi yéménite, les personnes accusées de d’agression sexuelles risquent la peine de mort. Par ailleurs, le conflit qui perdure au Yémen a fait 10.000 morts dont 2.200 enfants. Le bilan réel des victimes est nettement plus élevé d’après les ONG.
