Passolig : la carte d’accès aux stades turcs

Les nombreuses violences des années précédentes en Turquie ont poussées le gouvernement à instaurer des règles dans les stades. Ainsi en 2014, le gouvernement a créé un système que l’on appelle « Passolig ».

Assister à un match dans un stade turc nécessite de nombreuses démarches administratives. Même s’il est possible d’acheter ses places au guichet et en ligne, l’accès au stade n’est pas pour autant garanti comme en France. Avant de pouvoir réserver une place, l’acheteur doit d’abord fournir de nombreuses informations personnelles sur le site « Passolig »  (nationalité, date de naissance, statut familial, adresse, numéro de passeport) afin de recevoir une carte électronique. Lors de l’inscription, l’individu doit impérativement choisir un club auquel se rattacher. Il sera alors supporter de cette équipe. Il s’agit d’un aspect capital pour les équipes car le sens du mot « domicile » prend réellement forme
Une fois les formalités terminées, le consommateur doit choisir le stade dans lequel la carte, sera livrée. C’est seulement après que l’accès aux billetteries sera possible, la réservation pour un match de son équipe ne posera aucun problème. Dans le cas où son équipe se déplace , les tickets ne sont disponible que 24 heures avant le début de la rencontre.
Ce système fonctionne également pour les étrangers. Les supporters d’un club adverse européen obtiennent par exemple, grâce à la direction, un accès aux stades. Ils ont cependant des restrictions assez strictes car ils doivent rester ensemble et sont,  au cours de leur déplacement escortés par des bus et des agents de sécurité.

Un système plus sécurisé

Cette pratique a été mise en place en 2014 à cause des nombreuses violences présentes les stades turcs. Le but : identifier les comportements de supporters jugés non appropriés. A l’aide des nombreuses caméras de sécurité, des policiers et stadiers présents en nombre (plus d’une cinquantaine sur une longueur de terrain), les individus sont très rapidement repérés. L’identité d’un perturbateur est dans la foulée connue grâce à cette carte.
La Turquie ne tolère pas de tels événements et certains peuvent se voir interdire de stade à vie. A titre de comparaison, en France les sanctions sont beaucoup moins sévères et radicales (interdiction de déplacements, dissolution des groupes de supporters …).
Les violences n’ont toutefois pas été stoppées pour autant. En avril dernier lors du derby d’Istanbul, le coach de Besiktas a reçu des projectiles. Les agresseurs n’ont pas été identifiés malgré tous les dispositifs de sécurité. Autre cas de figure, celui des supporters du Paris-Saint-Germain. Ces derniers ont allumé, au cours de la rencontre les opposants à Galatasaray le 1er octobre dernier, quelques fumigènes. Les forces de l’ordre turcs ont eu une réaction sans précédent, frappant une partie des ultras parisiens, à l’extérieur du Turk Telekom Stadium. Parmi eux, une poignée d’hommes a terminé à l’hôpital. Une autre a été interpellé mais aucun n’a été condamné par le tribunal.
Malgré ces  débordements, le système reste efficace. Depuis la création de la carte, les stades turcs sont beaucoup plus sécurisés qu’auparavant et davantage accessible au grand public.

 

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